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“Des poches de recrutement subsistent dans l’industrie financière. Trois chasseurs vous éclairent”

Agefi

par Julia Lemarchand 24 Octobre 2012

  

 Les financiers français auraient, paraît-il, une aptitude certaine à se plaindre. Les raisons ne manquent pas alors que l’industrie financière traverse l’une des plus graves crises qu’elle ait connues. En dépit de ce contexte anxiogène, la CFA Society France a hier soir mis un point d’honneur à redonner le sourire à ses membres invités à son Career Event annuel qui se tenait dans un amphithéâtre de la Sorbonne, sur le thème « Carrières dans la finance : quelles opportunités en période de crise ? ».

« Les brumes se dissipent enfin », a assuré Raphaël Czuwak d’Egon Zehnder International, précisant que la reprise était palpable depuis cet été, en particulier aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à Londres.

« Une fois que les marchés auront purgé la crise, de nouvelles opportunités se présenteront aux professionnels de la gestion d’actifs et des salles de marché », a promis Gérard Bekerman, président de l’Afer et directeur des masters en finance de Panthéon-Assas. Et d’assurer l’audience que « nous serons même surpris par la vitalité du rebond ».

En attendant, pas de phénomène de recrutement de masse, mais quelques appels d’air. Voici les quelques pistes de réflexion proposées par les intervenants.

Les  « forces commerciales vives » sont requises un peu partout, que ce soit dans la gestion traditionnelle, la banque privée, ou la banque d’investissement, mais la nouveauté  c’est que l’on « attend de ces vendeurs, non seulement qu’ils rapportent un bon P&L, mais aussi qu’ils se montrent créatifs sur le plan de la technicité des produits à proposer et des comportements à l’égard de la clientèle », constate Denis Marcadet de Vendôme Associés.

« La crise a fait évoluer la fonction commerciale, confirme Raphaël Czuwak. On est passé du product push à des processus beaucoup plus consultatifs. »

Les activités de banque d’investissement

 Elles vivent des « heures délicates », a rappelé sobrement Denis Marcadet de Vendôme Associés. Pour Odile Couvert d’Amadeo Executive Search, la banque d’investissement souffre partout, et surtout à Paris, où il n’y a quasiment plus d’activités de marchés, tout comme en Allemagne. De fait, 80 % des développements d’activités des banques françaises se font à l’étranger, à Londres et en Asie notamment. Ainsi, Natixis a beaucoup recruté à Singapour récemment, et SocGen à Tokyo.

Subsistent cependant quelques poches de recrutement sur les activités de flux (comme le cash equity) et pour les vendeurs positionnés sur des marchés niches, tel un vendeur dédié à la clientèle des hedge funds et spécialisé sur les dérivés de taux comme vient de recruter CACIB, selon Odile Couvert. À défaut de trouver des postes dans des établissements bancaires, la consultante conseille aux vendeurs de se tourner vers les brokers que ce soit les acteurs de renom comme ICAP, Newedge ou Kepler, ou les boutiques.

Sur les métiers du coverage, très à la peine, les banques continuent de s’intéresser malgré tout aux spécialistes des secteurs en croissance (finance, exploitation minière, pétrole et gaz).

Les banques ne proposent pas de poste en financement, c’est du côté des fonds et de l’assurance qu’il faut désormais se tourner, selon Odile Couvert.

Asset Management

Pour Denis Marcadet, le marché français compte plus de gérants qu’il n’en faut ! D’où les fermetures de fonds et les restructurations. En revanche, ce consultant souligne que des besoins existent, une nouvelle fois, plus du côté de la vente, en particulier « les profils “cross-asset”, c’est-à-dire avec une connaissance transversale des produits, ce qui n’est pas si évident à trouver dans la mesure où les sociétés de gestions comme les banques ont favorisé pendant des années la spécialisation à outrance ».

Pour Odile Couvert, il y a également une « vraie demande sur les vendeurs RPF / RFI », qui travaillent en amont pour identifier les besoins des clients. « Un métier qui constitue une excellente porte d’entrée dans l’AM », confie-t-elle.

Les Français s’exportent très bien à l’étranger, en particulier les analystes taux, macro, credit, high-yield. À titre d’exemple, Mirabaud Gestion serait prête à faire venir des français avec des profils high-yield en Suisse ou à Londres. En revanche, en France, la demande se porterait surtout des profils de gérant sur les marchés émergents, une denrée rare que les sociétés ont du mal à trouver.

Enfin, les « métiers du marketing dans ce secteur prennent une importance croissante, dans la mesure où les évolutions réglementaires obligent les sociétés à revoir leur gamme de produits », explique Denis Marcadet, pour qui, dans ce contexte, les profils juridiques spécialisés dans la gestion sont également sollicités.

Fonctions Support

Les métiers du contrôle et du risque sont appelés à prendre de plus en plus d’importance, anticipe Gérard Bekerman. Pourtant, si tout le monde reconnaît que ces derniers ont été très en vogue ces dernières années, les prévisions divergent. « On a fait le plein dans les banques », témoigne Denis Marcadet. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, dans les sociétés de gestion où il y a déjà eu beaucoup de transferts.

Une autre piste, évoquée cette fois par Odile Couvert, concerne l’établissement de nouvel établissement Credit NEC issu du groupe bancaire franco-Belge Dexia en pleine restructuration. Ce nouvel établissement pourrait à avoir à reconstituer en France un certain nombre d’équipes support et IT.

Assurance

Tous les intervenants sont unanimes, le secteur renferme un important potentiel de développement. C’est une « erreur des universités que de l’avoir sous-estimé et de ne pas avoir davantage orienté l’enseignement vers ce secteur », regrette Gérard Bekerman.

Même son de cloche chez Odile Couvert qui « croit beaucoup au développement du secteur et à des passerelles de plus en plus nombreuses entre les métiers bancaires et ceux de l’assurance ». Et Denis Marcadet d’illustrer : « Les pôles Solutions qui ont fait les belles heures du monde bancaire montent en force dans les compagnies d’assurance avec des transferts de profils quantitatifs ».

En raison des nouvelles contraintes réglementaires, en particulier l’arrivée de Solvency III, les compagnies manifestent notamment un fort intérêt à l’égard des profils de la gestion actif-passif (gestion ALM).

Les assureurs recruteraient également des banquiers arrangeurs pour monter des fonds de dette, selon Odile Couvert.

Enfin, les réassureurs tels Scor ou Munich Re ou Swiss Re, sont des acteurs très dynamiques sur le marché de l’emploi à Londres et en Suisse surtout, mais peu connus des professionnels en finance en France. Les francophones y sont peu nombreux, et c’est précisément une carte à jouer pour les français dont l’expertise quantitative est reconnue.

Banque privée

Beaucoup de personnes de la gestion d’actifs traditionnelle sont tentées de se réorienter vers la banque privée, ce n’est pas nécessairement une bonne idée car les développements y sont finalement limités, s’accordent à dire les consultants.

« On a beaucoup recruté de profils pour développer les métiers de l’ingénierie patrimoniale, mais on en voit le bout », constate Denis Marcadet. Seuls profils à faire aujourd’hui la différence, selon lui, sont les banquiers privés apporteurs de capitaux et les banquiers privés dotés d’un vrai profil international (maîtrise de plusieurs langues, expérience et connaissance d’un marché donné).

À Genève, les profils qui se distinguent sont les banquiers privés avec une expertise régionale Middle-East, Amérique Latique ou Pays de l’Est, abonde Odile Couvert.

Parallèlement, « les places offshores sont actuellement en train de basculer doucement vers une culture onshore. Et donc on cherche des banquiers privés onshore par exemple au Luxembourg que l’on recrute en France », note la consultante.

Private equity

Le non-coté, sans surprise, n’offre pas beaucoup d’opportunités actuellement. Des exceptions demeurent cependant. Aussi Denis Marcadet rappelle que « 2012 a été l’année des fonds de dette (immobilière, infrastructure, émergente) avec des initiatives de nombreuses maisons notamment Lazard, Dexia AM ou encore la Banque Postale AM ». Le financement de projets, par exemple, n’étant plus la priorité des banques, pour des raisons réglementaires notamment, des acteurs de la gestion s’y substituent de manière croissante.

Un autre secteur niche qui se porte bien et qui constitue « une poche de croissance dans un secteur en berne : il s’agit de fonds secondaires [ndlr : rachat d’intérêts dans des fonds matures de private equity et rachat de portefeuilles de participations directes dans des sociétés non cotées] », témoigne Raphaël Czuwak, qui rappelle cependant qu’il faut aller à Londres (45 % du marché mondial), pour profiter des opportunités qu’offre ce secteur.

Consultez cet article sur le site de eFinancialCareers

Agefi

par Julia Lemarchand 24 Octobre 2012

  

 Les financiers français auraient, paraît-il, une aptitude certaine à se plaindre. Les raisons ne manquent pas alors que l’industrie financière traverse l’une des plus graves crises qu’elle ait connues. En dépit de ce contexte anxiogène, la CFA Society France a hier soir mis un point d’honneur à redonner le sourire à ses membres invités à son Career Event annuel qui se tenait dans un amphithéâtre de la Sorbonne, sur le thème « Carrières dans la finance : quelles opportunités en période de crise ? ».

 
« Les brumes se dissipent enfin », a assuré Raphaël Czuwak d’Egon Zehnder International, précisant que la reprise était palpable depuis cet été, en particulier aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à Londres.

« Une fois que les marchés auront purgé la crise, de nouvelles opportunités se présenteront aux professionnels de la gestion d’actifs et des salles de marché », a promis Gérard Bekerman, président de l’Afer et directeur des masters en finance de Panthéon-Assas. Et d’assurer l’audience que « nous serons même surpris par la vitalité du rebond ».

En attendant, pas de phénomène de recrutement de masse, mais quelques appels d’air. Voici les quelques pistes de réflexion proposées par les intervenants.

Les  « forces commerciales vives » sont requises un peu partout, que ce soit dans la gestion traditionnelle, la banque privée, ou la banque d’investissement, mais la nouveauté  c’est que l’on « attend de ces vendeurs, non seulement qu’ils rapportent un bon P&L, mais aussi qu’ils se montrent créatifs sur le plan de la technicité des produits à proposer et des comportements à l’égard de la clientèle », constate Denis Marcadet de Vendôme Associés.

« La crise a fait évoluer la fonction commerciale, confirme Raphaël Czuwak. On est passé du product push à des processus beaucoup plus consultatifs. »

  

Les activités de banque d’investissement

 

Elles vivent des « heures délicates », a rappelé sobrement Denis Marcadet de Vendôme Associés. Pour Odile Couvert d’Amadeo Executive Search, la banque d’investissement souffre partout, et surtout à Paris, où il n’y a quasiment plus d’activités de marchés, tout comme en Allemagne. De fait, 80 % des développements d’activités des banques françaises se font à l’étranger, à Londres et en Asie notamment. Ainsi, Natixis a beaucoup recruté à Singapour récemment, et SocGen à Tokyo.

Subsistent cependant quelques poches de recrutement sur les activités de flux (comme le cash equity) et pour les vendeurs positionnés sur des marchés niches, tel un vendeur dédié à la clientèle des hedge funds et spécialisé sur les dérivés de taux comme vient de recruter CACIB, selon Odile Couvert. À défaut de trouver des postes dans des établissements bancaires, la consultante conseille aux vendeurs de se tourner vers les brokers que ce soit les acteurs de renom comme ICAP, Newedge ou Kepler, ou les boutiques.

Sur les métiers du coverage, très à la peine, les banques continuent de s’intéresser malgré tout aux spécialistes des secteurs en croissance (finance, exploitation minière, pétrole et gaz).

Les banques ne proposent pas de poste en financement, c’est du côté des fonds et de l’assurance qu’il faut désormais se tourner, selon Odile Couvert.

 

Asset Management


Pour Denis Marcadet, le marché français compte plus de gérants qu’il n’en faut ! D’où les fermetures de fonds et les restructurations. En revanche, ce consultant souligne que des besoins existent, une nouvelle fois, plus du côté de la vente, en particulier « les profils “cross-asset”, c’est-à-dire avec une connaissance transversale des produits, ce qui n’est pas si évident à trouver dans la mesure où les sociétés de gestions comme les banques ont favorisé pendant des années la spécialisation à outrance ».

Pour Odile Couvert, il y a également une « vraie demande sur les vendeurs RPF / RFI », qui travaillent en amont pour identifier les besoins des clients. « Un métier qui constitue une excellente porte d’entrée dans l’AM », confie-t-elle.

Les Français s’exportent très bien à l’étranger, en particulier les analystes taux, macro, credit, high-yield. À titre d’exemple, Mirabaud Gestion serait prête à faire venir des français avec des profils high-yield en Suisse ou à Londres. En revanche, en France, la demande se porterait surtout des profils de gérant sur les marchés émergents, une denrée rare que les sociétés ont du mal à trouver.

Enfin, les « métiers du marketing dans ce secteur prennent une importance croissante, dans la mesure où les évolutions réglementaires obligent les sociétés à revoir leur gamme de produits », explique Denis Marcadet, pour qui, dans ce contexte, les profils juridiques spécialisés dans la gestion sont également sollicités.

 

Fonctions Support


Les métiers du contrôle et du risque sont appelés à prendre de plus en plus d’importance, anticipe Gérard Bekerman. Pourtant, si tout le monde reconnaît que ces derniers ont été très en vogue ces dernières années, les prévisions divergent. « On a fait le plein dans les banques », témoigne Denis Marcadet. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, dans les sociétés de gestion où il y a déjà eu beaucoup de transferts.

Une autre piste, évoquée cette fois par Odile Couvert, concerne l’établissement de nouvel établissement Credit NEC issu du groupe bancaire franco-Belge Dexia en pleine restructuration. Ce nouvel établissement pourrait à avoir à reconstituer en France un certain nombre d’équipes support et IT.

 

Assurance


Tous les intervenants sont unanimes, le secteur renferme un important potentiel de développement. C’est une « erreur des universités que de l’avoir sous-estimé et de ne pas avoir davantage orienté l’enseignement vers ce secteur », regrette Gérard Bekerman.

Même son de cloche chez Odile Couvert qui « croit beaucoup au développement du secteur et à des passerelles de plus en plus nombreuses entre les métiers bancaires et ceux de l’assurance ». Et Denis Marcadet d’illustrer : « Les pôles Solutions qui ont fait les belles heures du monde bancaire montent en force dans les compagnies d’assurance avec des transferts de profils quantitatifs ».

En raison des nouvelles contraintes réglementaires, en particulier l’arrivée de Solvency III, les compagnies manifestent notamment un fort intérêt à l’égard des profils de la gestion actif-passif (gestion ALM).

Les assureurs recruteraient également des banquiers arrangeurs pour monter des fonds de dette, selon Odile Couvert.

Enfin, les réassureurs tels Scor ou Munich Re ou Swiss Re, sont des acteurs très dynamiques sur le marché de l’emploi à Londres et en Suisse surtout, mais peu connus des professionnels en finance en France. Les francophones y sont peu nombreux, et c’est précisément une carte à jouer pour les français dont l’expertise quantitative est reconnue.

 

Banque privée


Beaucoup de personnes de la gestion d’actifs traditionnelle sont tentées de se réorienter vers la banque privée, ce n’est pas nécessairement une bonne idée car les développements y sont finalement limités, s’accordent à dire les consultants.

« On a beaucoup recruté de profils pour développer les métiers de l’ingénierie patrimoniale, mais on en voit le bout », constate Denis Marcadet. Seuls profils à faire aujourd’hui la différence, selon lui, sont les banquiers privés apporteurs de capitaux et les banquiers privés dotés d’un vrai profil international (maîtrise de plusieurs langues, expérience et connaissance d’un marché donné).

À Genève, les profils qui se distinguent sont les banquiers privés avec une expertise régionale Middle-East, Amérique Latique ou Pays de l’Est, abonde Odile Couvert.

Parallèlement, « les places offshores sont actuellement en train de basculer doucement vers une culture onshore. Et donc on cherche des banquiers privés onshore par exemple au Luxembourg que l’on recrute en France », note la consultante.

 

Private equity


Le non-coté, sans surprise, n’offre pas beaucoup d’opportunités actuellement. Des exceptions demeurent cependant. Aussi Denis Marcadet rappelle que « 2012 a été l’année des fonds de dette (immobilière, infrastructure, émergente) avec des initiatives de nombreuses maisons notamment Lazard, Dexia AM ou encore la Banque Postale AM ». Le financement de projets, par exemple, n’étant plus la priorité des banques, pour des raisons réglementaires notamment, des acteurs de la gestion s’y substituent de manière croissante.

Un autre secteur niche qui se porte bien et qui constitue « une poche de croissance dans un secteur en berne : il s’agit de fonds secondaires [ndlr : rachat d’intérêts dans des fonds matures de private equity et rachat de portefeuilles de participations directes dans des sociétés non cotées] », témoigne Raphaël Czuwak, qui rappelle cependant qu’il faut aller à Londres (45 % du marché mondial), pour profiter des opportunités qu’offre ce secteur.

 

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