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BAROMETRE METIERS #13 – HIVER 2020

Baromètre metiers 13

 

Notre baromètre est de retour avec un tour d’horizon de quelques tendances observées récemment sur nos métiers…

Expansion forte CORPORATE (Large & Mid Caps)

En termes de feuille de route, les années se suivent et se ressemblent sur les priorités essentielles : le pilotage de la performance qui s’affine encore sous l’impact de l’arrivée des techno big data, d’IA et d’architecture Cloud. Pouvant de mieux en mieux exploiter (parfois en temps réel) des données volumiques ou non structurées, l’analyse des liens de cause à effet en est facilitée. Les investissements de développement (internes et externes) exigent la sécurisation des financements afin de profiter, tant que possible encore, de conditions d’emprunt extrêmement favorables. La modernisation des outils et systèmes d’information restent clés pour uniformiser, enrichir ou rendre plus opérationnel les reportings vis-à-vis des acteurs métiers.

Globalement un marché qui reste attractif et tonique, avec des profils plus diversifiés et experts dont la rétention fait l’objet de toutes les attentions.

Expansion forte ASSET MANAGEMENT / PRIVATE BANKING

  • Asset Management :

Après une année qui s’est traduite par un marché relativement actif, les recrutements devraient suivre les mêmes tendances en ce début 2020. Ils s’inscrivent dans une dynamique de transformation et de réflexions stratégiques sur l’avenir des métiers de la gestion d’actifs.

Les grandes structures, très attentives à l’optimisation de leurs résultats et à la rétention de leurs talents, ont favorisé les mobilités et ont ouvert moins de postes aux recrutements externes. Les demandes des autres sociétés de gestion ont porté sur des profils très ciblés. Elles recherchent, par exemple, des gérants Actions, mais également des experts de la Dette, du High Yield ou de l’Alternatif. Elles ont souhaité ainsi renouveler leurs équipes suite à d’éventuels départs ou constituer de nouvelles expertises.

Concernant les profils de commerciaux, les clients sont très attentifs à la connaissance pointue du segment de clientèle concerné et à la capacité de développement de celle-ci. Mais pour aller au-delà, il s’agit de retenir des candidats faisant preuve de curiosité, d’impact et d’agilité intellectuelle. En effet, dans un contexte concurrentiel très fort, il est important de sortir des solutions classiques, d’interagir avec les autres directions de la société de gestion, de savoir proposer et convaincre sur des fonds plus innovants ; certaines thématiques étant de réels vecteurs de croissance et de rentabilité qui répondent aux nouvelles aspirations et attentes des investisseurs.

Pendant plusieurs années, les sociétés de gestion ont renforcé les fonctions supports en particulier celles dédiées aux risques et à la conformité. Les recrutements dans ces domaines ont tendance à se stabiliser, les équipes étant constituées. En revanche, les profils permettant d’améliorer l’efficacité opérationnelle et l’expérience client, ce qui implique une bonne maîtrise des data, restent très sollicités.
Globalement un changement d’état d’esprit chez nos clients et RH s’est fait sentir en novembre dernier ; le pire attendu ne semblait plus si sûr et les recrutements mis en standby ont été ouverts. De très belles performances chez les gérants n’ont pas empêché la stabilité ou la décollecte d’actifs.

On constate un afflux de candidatures londoniennes avec une attente forte en terme de conseil sur les possibilités d’atterrissage à Paris et des similitudes en termes de rémunération par rapport au marché français, néanmoins, un peu de pédagogie sera nécessaire pour les préparer à faire des ‘’cuts‘’ parfois importants sur leur rémunération avant d’envisager un projet familial de mobilité.

 

  • Banque Privée :

Une année positive pour les banques privées globalement satisfaites de la collecte réalisée en 2019. Les banquiers évoquent une amélioration de la rentabilité de leur portefeuille. Un mois de décembre actif et un début d’année prometteur pour des banquiers privés développeurs en quête d’évolution ou de nouveaux challenges. Dans les plans stratégiques 2020, sont mis en avant la nécessaire qualité d’un service différenciant, un conseil plus ciblé, le développement d’offres pour des segments de clientèle générateurs de new money.

On constate une forte demande de la part des Single Family Office qui renforcent leur équipe et internalisent des expertises : financements, analyse actions/obligations, investissements directs ou en fonds en Private Equity ; pas toujours parisiens, les recrutements nécessitent parfois de coïncider avec des projets de vie provinciaux.

La bataille pour capter/conserver les clients UHNWI fait rage, ceci d’autant plus dans un contexte où les Multi Family Office mettent en œuvre avec agilité des solutions d’investissements ou de financements que les grands groupes bancaires, freinés par des process internes fastidieux ou des politiques de risque, peinent à réaliser. Les Multi Family Office sont pourvoyeurs de nombreux postes pour les juniors mais également d’opportunités pour des profils expérimentés.

Expansion forte BANQUE D’INVESTISSEMENT, FINANCEMENTS & MARCHES

Une année contrastée avec des résultats parfois pénalisés par les performances des activités de marchés, un environnement peu favorable pour les domaines Fixed income, taux, change, matières premières. En revanche des résultats bien orientés sur les financements structurés, qui ne devraient cependant pas se retrouver totalement dans les enveloppes de bonus, corrélés aux résultats globaux.

Côté Brexit, les effets attendus se concrétisent en partie. Les activités de marchés et de coverage sont en 1ère ligne. Si les banques américaines sont les plus prolixes, les autres banques étrangères bien que plus discrètes réfléchissent à quelques renforts. Des opportunités notamment pour les opérateurs de Marchés, les spécialistes M&A et sur quelques segments de financements.

L’agilité et le business model de certaines boutiques attirent de plus en plus de profils bancaires, sensibles au facteur entrepreneurial et aux niveaux des rémunérations si les résultats sont là.

L’accélération de la transformation digitale de la BFI se confirme, génératrice d’économies et source de profils spécialisés dans les directions de projets, des programmes ou de lean management.

Expansion forte M&A

Le marché attendait une baisse en 2019, celle-ci n’a finalement pas eu lieu avec une année à deux vitesses :

₋ Un premier semestre difficile qui stagne par rapport au premier semestre 2018.
₋ Un second en hausse (+5.1 % par rapport à S2 2019).

Au global, l’année du M&A a progressé en nombre de deals de 2.5% par rapport à 2018.

Une question est sur toutes les lèvres : quand ce ralentissement aura-t-il effectivement lieu ? Les banques attendent encore une année soutenue en 2020 (les taux bas, des contextes de consolidation dans certains secteurs, des fonds de Private Equity qui ont levé beaucoup de capitaux qu’ils doivent déployer etc.), un Brexit qui modernise la place parisienne (installation de nouvelles équipes, agrandissement et déménagement des bureaux pour d’autres).

 

En terme de structuration du marché, quelques évolutions notables :

  • Un nombre de transactions en hausse de plus de 150 M€, des deals supérieurs au milliard plus nombreux et une baisse des opérations small-cap ; deux jumbo deals (Fiat PSA et LVMH Tiffany) ont fortement influencé les classements des banques d’affaires.
  • Une attractivité des acteurs outre-Atlantique pour le marché français : des parts de marché des banques américaines en hausse au détriment des banques françaises et européennes, tant sur le marché large-caps, comme traditionnellement, que sur le mid-cap.
  • Des deals mid-cap de plus en plus techniques.

 

Pour les équipes, des tendances qui ne doivent pas laisser indifférents les recruteurs :

  • Un attrait toujours fort pour les banques Anglo-Saxonnes sur les opérations large-cap alors que ce sont les boutiques à vocation très internationale qui sortiront du lot sur le segment mid-cap.
  • Les plus juniors cherchent de plus en plus à donner une réalité à leur quotidien quand bien même cela aurait un impact négatif sur leurs émoluments : aventures plus entrepreneuriales ou «à impact», investissements directs…
  • Pour les profils plus seniors, l’habituel mercato post bonus a redistribué les cartes : de nouveaux acteurs sur le mid, des associés gérants ou MD qui montent leur structure pour accompagner des clients avec un service plus personnalisé.
  • Dans certaines banques, on constate une légère baisse des niveaux de variable.

En conclusion, le marché français du M&A, parmi l’un des plus compétitifs au monde, s’adapte à une nouvelle donne du côté de l’attractivité des talents et se prépare en douceur à ce ralentissement de l’activité.

Expansion forte PRIVATE EQUITY

L’année 2019 a confirmé les anticipations de levées identifiées et l’activité s’est maintenue à un rythme soutenu. La liquidité du non coté se confirme et se maintient à un bon niveau.

L’ISR continue de susciter un attrait fort et devient une composante essentielle. L’approche selon les critères et les pratiques ESG est priorisée par les investisseurs.

On note de plus en plus de fonds dédiés, thématiques : énergies vertes, technologies de rupture (IA…) et de stratégie de niche (impact investing) ; autant d’opportunités pour les postes de directeurs d’investissements.

Plus globalement, le Private Equity reste un secteur actif en termes de mobilité et pas seulement sur les postes front.

Expansion forte CORPORATE BANKING

Les financements Entreprises toujours orientés sur des tendances en croissance, dynamique des crédits d’équipements (env +8%) en ligne avec les investissements ; les dossiers sont restés nombreux et l’activité globale soutenue.

Les financements spécialisés poursuivent également des taux de croissance à 2 chiffres, tant en crédit-bail mobilier et immobilier (ce dernier ayant affiché une progression au S2 2019 de quasi 20% par rapport à 2018) qu’en affacturage (+11% dont +18% à l’international).

Des renforcements d’équipes en conséquence : coverage, financements structurés, affacturage… valorisation de certains salaires sur des segments spécifiques, suite à l’émergence de nouveaux concurrents.

Après une croissance longtemps tirée par les sujets liés aux crédits (dont ceux à la conso) ou les flux, les enjeux clés sont aujourd’hui concentrés sur comment survivre aux nouveaux entrants, avec quelles techniques/IT et comment maîtriser les flux et les données attachées aux transactions.

Si de nombreuses évolutions sont déjà intervenues, il reste beaucoup à faire : Instant payment généralisé, multi-paiements en temps réel, request to pay, évolutions des flux chèques et espèces, monétique corporate, tout cela en multi devices

Les nouvelles filières ne sont pas toutes bénéficiaires, les modèles d’organisation mutent, les usages et expériences clients se modifient profondément. Ces transitions structurelles créent autant d’opportunités de postes nouveaux ou de mobilités. Le champ des possibles est large auprès de structures diversifiées : filiales paiements des établissements financiers bien sûr, mais également au sein des plateformes, des passerellistes, des assembleurs, du conseil.

Au-delà des purs experts techniques, les postes en M&A et Private Equity (suite à la vitalité des opérations dans ce domaine) et des marketeurs venant du monde de la data et de l’UX restent très sollicités ainsi que les experts en conformité, fraude et audit. La pression sera forte sur le salaire des profils intéressant les GAFA qui accélèrent leurs innovations technologiques en la matière.

Expansion forte ASSURANCE

Un contexte difficile pour les assureurs qui doivent être sur tous les fronts ; les acteurs font face à une concurrence exacerbée avec les banques sur l’activité IARD et des enjeux de fonds propres suite à la gestion durable de taux bas sur la partie Vie/Epargne (qui a conduit à certaines recapitalisations). Les business models de l’activité Corporate et notamment les pricing sont également revisités et ont, eux, conduit pour la première fois depuis 15 ans à des renouvellements de garanties à la hausse. Sur ce segment, les postes de développement restent actifs.

Les assureurs restent mobilisés pour trouver de nouvelles sources de croissance, ce qui rend attractifs certains postes de responsables de partenariats et directeurs commerciaux. Ils sont également toujours concentrés sur les projets digitaux, ce qui justifie quelques renforts sur les profils spécialisés en Expérience client, un parcours en partie effectué dans un autre secteur (voyage, hôtellerie…) peut être un atout. En parallèle, les postes liés à la conformité, la fraude et l’audit sont en mode ‘’marché de candidats’’ qui sont très régulièrement sollicités.

Côté réassureurs, la baisse du montant des dommages ne rime pas avec moins de catastrophes naturelles de grande ampleur (en lien avec les pays assurés). Cette évolution complique la modélisation des impacts du changement climatique, créant de nouvelles opportunités de postes. Face à l’émergence ou le renforcement des risques cyber, ceux liés au judiciaire & pénal et l’essor de la digitalisation, les fonctions de compliance, sécurité, IT et digital vont rester très sollicitées.

Seront à suivre les risques émergents liés par exemple à l’inflation judiciaire, qui pourraient remettre en cause la rentabilité de certaines garanties et entraîner une possible concentration des acteurs avec un impact sur les postes concernés.

Expansion forte CONSEIL

Depuis quelques mois, l’activité a observé un certain ralentissement. Dans la banque (et notamment les BFI), les coupes en matière budgétaire de consulting ont pu être très sévères et parfois d’ampleur importante ; en assurance, les grands projets à conduire restent stables (le secteur est moins consolidé que côté bancaire) ; la ligne de métiers Paiements est prometteuse et active.

Les sujets digitaux et réglementaires restent porteurs, l’amélioration de l’expérience client également avec l’épuisement des modèles très orientés produits non générateurs de qualité et de fidélité. Le turnover des équipes est important ce qui génère régulièrement des besoins là aussi dans un contexte de marché de candidats sur-sollicités et attentifs aux climats d’équipes et aux pratiques managériales.

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