DAF : quand le manager devient stratège



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Les mutations de l ’environnement réglementaire, technique,concurrentiel mais également sociologique entraînent les entreprises dans un mouvement de transformation permanente. Au centre de ce mouvement, la fonction administrative et financière.Un rôle multiple et résolument au service de la stratégie de l’entreprise. Le directeur administratif et financier, ou DAF, doit tout à la fois gérer et consolider l’existant, anticiper les évolutions et construire le futur. Loin le temps du DAF, apôtre de la comptabilité et seul responsable d’une saine gestion administrative et financière de par son statut de gardien du temple.

Le directeur administratif et financier a vu ces dernières années sa fonction revisitée en profondeur et quitter le cadre traditionnel. Ce qui était une tendance est devenu un vrai mouvement qui s’est fortement accéléré depuis cinq ou six ans. Finie l’idée du professionnel qui fait partie des murs… le DAF idéal, garant de la rentabilité doit être en adéquation parfaite au moment vécu par l’entreprise, sollicité de plus en plus en amont. Son champ d’intervention comme son périmètre d’action se sont élargis au point de le transformer aujourd’hui en un vrai partenaire stratégique.

Un élément clé de la transformation d’entreprises

Dans un environnement chaque jour plus complexe, il est au carrefour de très nombreuses informations, ce qui l’amène à intervenir dans l’élaboration puis l’accompagnement du business model de l’entreprise et sur des décisions qui sont en amont de celui-ci. Il a su faire évoluer son champ d’action sur des sujets souvent considérés jusqu’alors comme propres à la Direction Générale. Il est ainsi le garant du bien-fondé économique des orientations business et les turbulences récentes de l’économie et de sa financiarisation l’ont conduit à une focalisation accrue sur les sujets de marges, de résultats et de cash. De par son positionnement transversal, il est aussi bien un acteur de la définition et de la mise en oeuvre de la stratégie de l’entreprise qu’un élément clé de sa transformation: On le retrouve actif tout aussi bien dans l’accompagnement de projets stratégiques (tels que cession, fusion) que dans l’optimisation des financements et des investissements ou le contrôle des risques.

Decideurs_GuideRem2015_cronique_02Loin de l’ancien DAF comptable

Réduire les coûts de fonctionnement et travailler sur toutes les étapes de la chaîne de valeur, aider le business à développer son activité en travaillant les leviers de financement et de cash, gérer les risques et la réglementation qui ne cessent de prendre une ampleur exponentielle, sont devenus des points clés de son champ d’action. Sans oublier la composante managériale, incontournable dans un monde chaque jour plus ouvert et multiculturel… Manager des équipes d’experts en direct ou en services partagés, souvent délocalisées appartient à son quotidien.
L’époque du DAF plus proche du maître comptable et garant de la seule gestion administrative et financière est donc bien révolue et les qualités recherchées se sont enrichies a des éléments de personnalités jusqu’alors peu prises en compte. Au-delà des compétences techniques essentielles, la direction générale attend du DAF un vrai savoir-faire en termes de communication et de pédagogie tant vis-à-vis des interlocuteurs externes que des collaborateurs internes. À cela s’ajoutent des qualités managériales, de conviction, de négociation, indispensables pour faire face à la multiplicité des situations auxquels il est confronté.

Les facteurs clés de succès pour le futur

Autant d’enjeux que de secteurs et de typologie d’entreprise : oeuvrer d’une communication adéquate dans le cadre des relations investisseurs lors d’une acquisition, témoigner d’une capacité à négocier avec les collectivités locales, les ministères et les investisseurs externes dans le cadre de concessions, notamment d’infrastructures, afficher une naturelle flexibilité interculturelle lors d’une joint-venture avec un actionnaire étranger ou un sens pédagogique s’il doit modifier l’organisation des reportings et des équipes de filiales d’une ETI internationale sous LBO ayant une sensibilité particulière au cash… Les exemples de situations complexes sont multiples. Il doit également faire preuve de la capacité à fédérer les énergies et faire travailler les équipes multicompétentes dans une logique de gestion de projets. Enfin, grâce à la montée en puissance de ses analyses qualitatives de données, il peut améliorer la vision prospective de l’entreprise et ainsi faciliter la prise de décision. Une fonction en évolution permanente, riche, diversifiée et réatrice de valeurs. Mais cela sous-tend également des qualités d’écoute, de résistance, de coordination et d’adaptabilité avec un sens naturel de la relation et de prise d’initiative. C’est être ce partenaire stratégique et avoir les compétences personnelles et relationnelles qui feront la différence dans les parcours professionnels car la filière financière reste très favorable aux évolutions en direction générale.

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