« On constate plus de flexibilité et de passerelles entre les filières »


agefi_logoCinq chasseurs de têtes livrent à L’Agefi Hebdo leurs analyses sur le marché de l’emploi dans la finance, les facteurs de mobilité et l’évolution des rémunérations.

Par Soraya Haquani le 17/09/2015 pour L’AGEFI Hebdo

Agefi- Table ronde chasseurs de têtes

Comment se portent les recrutements dans les métiers de la BFI ?

Denis Marcadet, Vendôme Associés – Depuis six ans à Paris, les recrutements en BFI en front-office étaient sporadiques, voire inexistants. Cette année, on note un retour de mandats, notamment en equity capital markets et en financements structurés. Est-ce une lame de fond ? Trop tôt pour l’affirmer. En revanche, j’observe que les acteurs souhaitent redynamiser leurs équipes et les tester par rapport au marché. De leur côté, les cadres semblent décomplexés quant à un changement d’employeur. Fait nouveau, tant côté entreprise que salarié : la curiosité est active et l’on ose.
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Les mobilités sont-elles plus visibles dans la gestion d’actifs et la banque privée ?

Denis Marcadet L’année 2014 fut dense en mobilités dans ces deux métiers, et 2015 s’inscrit sur la même tendance en gestion d’actifs. Les fonctions supports – risque, contrôle, conformité et marketing – ne sont pas en reste. Certains acteurs étrangers opèrent un regroupement de leurs fonctions back et middle-offices dans des hubs paneuropéens, au Luxembourg notamment. Les bons commerciaux générateurs de P&L (profit & loss, outil de mesure de la performance, NDLR) sont toujours recherchés, tant par la clientèle institutionnelle que les distributeurs, tout comme des managers RFP (request for proposal, appels d’offres). Ce métier, complètement revisité du fait de la régulation, est en quête de spécialistes à la fois techniques, commerciaux et internationaux. Les rémunérations suivent et sont en hausse. En banque privée, après une année 2014 soutenue, la démarche est aujourd’hui plus opportuniste, mais de bons développeurs sont toujours considérés. C’est la politique du cas par cas.
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Quels facteurs incitent les candidats à prendre un poste ?

Denis Marcadet Les candidats regardent avant tout le projet, l’environnement, la nature des acteurs, mais également le caractère international et la rémunération. Dans un univers propice aux interrogations, notre métier est aujourd’hui particulièrement intéressant et l’accompagnement individuel prend tout son sens. Les professionnels qui ont vécu la dernière crise s’expriment et assument leur désir de changement. A nous de nourrir leurs réflexions, de les faire réfléchir sur leurs acquis, leur avenir, et de les aider dans leur choix, et ce, indépendamment d’un poste précis. Dans un environnement qui s’ouvre, où la personnalité est primordiale, on constate plus de flexibilité et de passerelles entre les filières, d’autant que cela est facilité par un tassement des rémunérations entre la banque et le monde de l’entreprise. Aujourd’hui, un banquier sera considéré pour un poste de chief financial officer à forte connotation financement et innovation financière, là où il était écarté il y a quelques années.
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La rémunération reste donc un sujet toujours déterminant…

Denis Marcadet – Dans certaines fonctions au sein de banques françaises, des cadres à la fois très attachés à leur poste et à leur environnement sont aujourd’hui prêts à écouter le chasseur de têtes pour des raisons purement salariales. Il y a trois ou quatre ans, ils refusaient net. C’est tout particulièrement le cas pour les 38-45 ans, génération qui a subi la dernière crise et toutes ses conséquences « réglementaires » en matière de bonus. Ces banquiers, lorsqu’ils réalisent de bonnes performances, n’en sont plus toujours récompensés, souvent au grand dam de leurs hiérarchies directes, impuissantes à pouvoir les accompagner. Sans surprise, ils écoutent, et même s’il s’agit d’un poste identique, s’ils perçoivent une valeur ajoutée salariale, ils n’hésitent plus à se porter candidats, surpris eux-mêmes de leur aisance à tourner la page…
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Propos recueillis par Soraya Haquani

L’intégralité de l’article est disponible sur le site de L’Agefi:

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