Les secteurs de la finance au top en France à l’été 2015


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Singaporeans need gift of the gab to get better jobs, says UBS boss

L’été est souvent une période propice à la recherche d’un nouvel emploi. Encore faut-il savoir sur quelles lignes de métiers postuler. Nous avons donc profité de la trêve estivale pour demander à des recruteurs et des chasseurs de têtes de revenir sur les grandes tendances du marché de l’emploi en finance en France au premier semestre 2015. Voici les secteurs sous tension…

  1. Risque / compliance

Depuis la crise financière, avec l’afflux de nouvelles règles et de régulateurs toujours plus intrusifs, les banques d’investissement ont été conduites à recruter et recherchent activement des risk managers. «  Risques, Sécurité Financière, Conformité, le renforcement continue – même les embargos et les sanctions créent des opportunités ! », explique Denis Marcadet, président-fondateur du cabinet de chasse parisien Vendôme Associés – qui vient tout juste de publier un baromètre sur les métiers et tendances de l’été 2015. En banque d’investissement, il constate une « demande récurrente de ‘Quants Risques de Marché’ » expérimentés, ainsi qu’un renforcement des fonctions support – conformité et contrôle financier.

  1. Finance d’entreprise

« En France, près de 70% des entreprises interrogées déclarent qu’il est difficile de recruter les talents financiers dont elles ont besoin ; une tendance légèrement plus forte qu’au niveau mondial (65,9%) », indique Mikael Deiller, manager exécutif senior chez Michael Page Finance & Comptabilité, qui commente les résultats d’une enquête internationale sur les DAF et les leaders financiers. Les entreprises ont besoin de recruter des experts financiers aux compétences élargies.

« En finance d’entreprise, nous observons un rebond de la demande lié essentiellement à des remplacements de postes », note Laurent de Bellevue, directeur associé chez Robert Walters.Parmi les métiers qui ont le vent en poupe, il cite la consolidation (profils seniors), le contrôle de gestion industrielle (sur site ou ligne de produits), le contrôle financier corporate (SP&A), les auditeurs certifiés CISA ou bien encore les fonctions de trésorerie (quel que soit le niveau de séniorité).

« Les experts qui maîtrisent plusieurs langues sont particulièrement recherchés », ajoute-t-il. Un constat également dressé par Vendôme Associés, qui pointe un « besoin majeur de managers et gestionnaires au profil multiculturel dans des contextes de joint ventures et/ou des actions de croissance à l’étranger ».

  1. IT / Digital

« Très actifs dans leur transformation, les grands acteurs de ce secteur sont désormais en ordre de marche, avec de nombreuses nominations au niveau des Comités Directeurs et Exécutif – notamment pour faire face à la montée des «‘Fintech’ », fait remarquer le cabinet Haussmann Executive Search, auteur d’une étude sur les Chief Digital Officers, dont le nombre va continuer à croître – en France comme à l’international.

On y apprend ainsi que 75% des banques et assurances ont recruté ou nommé un véritable patron de la transformation digitale. Il n’existe pas de profil type de Chief Digital Officer : on constate une grande diversité dans les métiers d’origine, les formations et les parcours professionnels.

Dans certains groupes, les chantiers liés à la data sont parfois pilotés par un spécialiste : le Chief Data Officer (lui aussi appelé CDO). « Le secteur des services financiers peut se prévaloir d’être un pionnier quand il s’agit de nommer des CDO. Cette industrie a été parmi les premières à statuer sur ce rôle. Aujourd’hui, près de 16% des entreprises qui la composent ont nommé un CDO, dépassant de loin les autres industries », développe ainsi Laurence Chrétien, Expert en Big Data & Analytics chez Capgemini Consulting. Selon elle, nommer un CDO est « une nécessité, pas un luxe ». Les grandes entreprises l’ont bien compris, notamment Axa qui vient d’annoncer le financement d’une chaire Big Data à Polytechnique pour mieux recruter.

  1. Conseil

« Depuis septembre dernier, l’activité Conseil connaît un rebond porté par les problématiques liées aux risques financiers, au digital et à l’innovation. Ce dynamisme multisectoriel se manifeste par la volonté des cabinets de renforcer leurs embauches sur les profils justifiant d’une expérience de 3 à 8 ans », explique Laurent Bellaïche, manager de l’activité Conseil au sein du cabinet Robert Walters.

Dans ce contexte où la demande est plus forte que l’offre, certains cabinets, notamment dans le secteur des services financiers, proposent des rémunérations de 10 à 20% supérieures au marché. D’autres insistent sur la pluralité et la richesse des missions proposées au consultant, orientées davantage vers la stratégie. « Cette tendance à la hausse de l’activité Conseil devrait se poursuivre et se consolider au deuxième semestre 2015, pour accompagner les nombreux mouvements qui touchent les acteurs du marché », poursuit Laurent Bellaïche.

Selon Vendôme & Associés, des filières sortent du lot : guerre des talents sur les métiers du risque et de la conformité, missions accrues dans les Financial Services sur les problématiques Finance & Risk et de réglementation (MiFid, Solvency…). Des besoins sont aussi exprimés sur les enjeux liés à la transformation de la fonction finance, des organisations et de la performance opérationnelle des réseaux. Enfin, les profils « IT Risk Banque Assurance » sont toujours très recherchés.

  1. Private Equity

Jérôme Hacquard, associé gérant chez Singer & Hamilton Executive Search, en charge des recrutements dans le private equity, les M&A et les financements structurés indique que les volumes d’embauches dans le capital-investissement sont similaires à ceux de l’an dernier. « Nous observons cependant une franche accélération depuis le mois de mai, conséquence de levées de fonds significatives et d’un deal flow de meilleure qualité ».

Et d’ajouter : « Les équipes relations investisseurs ont été musclées dans les fonds. Parmi les profils les plus recherchés : les chargés d’affaires (3/5 ans d’expérience), les directeurs de participations (7/10 ans d’expérience), les directeurs d’investissements (10/15 ans d’expérience) et les Chief financial officers (CFO) de participations ». NextStage AM a ainsi annoncé début juillet la nomination de trois directeurs de participations. « A noter que les profils bi-culturels internationaux (ex : un Anglais ou un Italien à Paris) sont particulièrement recherchés sur le marché français où ils représentent près d’un recrutement sur quatre ».

  1. Fusions & Acquisitions

Dans les M&A, Jérôme Hacquard observe un regain d’activité en termes de recrutement. Pour preuve, Credit Suisse vient d’annoncer la nomination de Julien Lamm comme responsable du pôle Financial Institutions Group (FIG) sur la zone France-Belgique. A cela s’ajoute l’apparition de nouvelles structures comme par exemple N+1, fondée par Franck Portais (ex-goetzpartners corporate finance). « Globalement, il y a davantage de mouvements dans les mid-caps que dans les large caps », relève Jérôme Hacquard.

« Dans un marché de niche, très confidentiel, de nombreux acteurs connus du monde de la finance développent leurs sociétés de conseil/investissement », confirme Denis Marcadet. Les associés et jeunes VPs sont très courtisés en M&A et le segment des Institutions Financières (FIG) est particulièrement actif. « Dommage qu’ils préfèrent souvent de plus en plus le Corporate Development dans les grandes entreprises ou bien le Private Equity », regrette Denis Marcadet.

  1. Asset Management / Private Banking

Après une année 2014 axée front office, le cabinet Vendôme constate une « reprise nette des fonctions support : marketing avec des vrais sujets de digitalisation, spécialistes RFP et Risques, sans oublier l’IT, enjeu de taille ». Ce à quoi s’ajoute une forte demande pour les analystes spécialisés, High Yield notamment.

« En banque privée et gestion institutionnelle, l’activité de recrutement reste soutenue du fait de nombreux mandats à l’international (Londres, Allemagne, Benelux…) », précise Jérôme Hacquard. Ainsi, toujours selon Vendôme, la concentration du marché n’impacte pas les acteurs français implantés à Bruxelles, qui renforcent les équipes et diversifient leur clientèle. Au Luxembourg, les opportunités bourgeonnent tous fronts…“

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