Les banques veulent moins de traders, plus de vendeurs


LesEchos

Les besoins des banques évoluent avec Bâle III et le passage à l’électronique.

Le trader ne représente plus le Graal que se disputent les groupes bancaires. Les banques investissent désormais davantage dans le recrutement de commerciaux. Les contraintes réglementaires de Bâle III ont fait évoluer la gestion des effectifs dans les activités de marché. Les banques appliquent, en effet, de plus en plus un traitement électronique à des pans entiers de leurs activités de flux afin de réduire leurs coûts. Elles sont donc moins en recherche de banquiers d’exécution que de vendeurs capables d’accroître leur flux d’affaires. Chez Natixis, par exemple, le passage au traitement automatisé des transactions à un vrai impact sur les effectifs.Il y a toujours des traders qui gèrent le risque, mais les systèmes électroniques absorbent une large partie des volumes. Ainsi Natixis recherche des vendeurs capables d’apporter des idées différenciantes à ses clients, en s’appuyant sur ses équipes de recherche.

Réduction d’effectifs

Une tendance largement partagée. « Nous n’avons eu des recrutements de traders qu’à la marge depuis trois ans et les équipes sont par ailleurs de plus en plus concentrées en Grande-Bretagne, constate Denis Marcadet, le fondateur du cabinet Vendôme Associés. Le besoin essentiel des salles de marché, du côté “front office”, ce sont les vendeurs et les “structureurs”. » Les exigences, même dans ces métiers, évoluent. « Les banques ne cherchent plus spécifiquement le seul spécialiste produit, “equity” ou taux. Elles cherchent avant tout des vendeurs expérimentés avec une vision globale, innovante, capables de générer des revenus et d’offrir des solutions structurées qui répondent aux contraintes réglementaires. »

Comment les banques font-elles dès lors évoluer les traders ?

Chez Natixis par exemple, les traders sont focalisés sur les transactions les plus importantes et sur l’analyse du marché.La banque concentre leurs compétences sur les produits moins standards. Ailleurs, ceux qui n’ont pas forcément la fibre du trading mais une forte culture quantitative sont orientés vers les métiers de gestion ou de risques. « Cela va de pair avec l’évolution de la fonction des risques, aujourd’hui très intégrée avec les métiers », poursuit Denis Marcadet.

Dans les activités obligataires cependant, l’impact de Bâle III (de 30 à 40 % de fonds propres supplémentaires contre de 5 à 10 % pour les métiers actions) conjugué à la faiblesse des taux, a eu un impact plus radical sur les effectifs. Le sujet est moins de savoir quel profil on recrute, que quels postes on supprime. Sur l’année 2014, selon le cabinet Coalition, les effectifs des activités de taux des dix plus grandes banques dans le monde, dont BNP Paribas, ont été réduits de 9 %, à 17.500, contre seulement 1 % pour les métiers actions ou de banque d’affaires.

Anne Drif / Journaliste |

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