Les métiers de la finance au top en France cet hiver….


efc-ThinkstockPhotos-482769680eFinancialCareers, le 10/02/2016.

Le cabinet de chasse de têtes parisien Vendôme Associés vient de publier son Baromètre Métiers & Tendances de l’hiver 2015-2016. Comme nous l’avions fait pour le baromètre précédent, nous avons demandé à Denis Marcadet et Corinne Oremus, respectivement président fondateur et directrice générale déléguée de Vendôme & Associés, de commenter en exclusivité pour eFinancialCareers les métiers qui ont le vent en poupe ainsi que les grandes tendances observées, que nous avons complétées par des exemples concrets.

Principal enseignement : « Le marché de l’emploi en finance se fluidifie et les mobilités entre banque, fonds, cabinets conseils et entreprises se développent. On tend vers la fin d’un clivage et d’un conservatisme bancaire longtemps prééminent », observe Denis Marcadet, qui note toutefois qu’au sein des banques, « le décloisonnement métier se développe de façon très inégale selon les entreprises ».

BANQUE D’INVESTISSEMENT, FINANCEMENTS & MARCHES

Le baromètre fait état d’une légère contraction en BFI. Explication : « Un marché peu liquide avec qui plus est quelques acteurs étrangers qui réduisent la voilure et un univers de la finance de marché parisienne très resserré ou les business de flow au détriment des structurés sont privilégiés », indique Denis Marcadet.

« Par contre, pour de bons commerciaux générateurs de P&L, il y a toujours une solution », tempère le président de Vendôme Associés. Idem du côté des produits dérivés, avec des opportunités très ponctuelles. Ce n’est sans doute pas Jérémy Sayada qui a démarré sa carrière en 2010 à la Société Générale au sein de l’ingénierie financière sur les produits structurés et vient d’être nommé responsable de l’activité Derivatives Capital au sein de la ligne métier Investment Solutions de Kepler Cheuvreux après trois ans de bons et loyaux services, qui le contredira.

Sans oublier les fonctions Inspection / Contrôle / Conformité où, toujours et encore, il y a des besoins en profils expérimentés. Enfin, côté financements, Denis Marcadet évoque une « attractivité des financements longs avec quelques opportunités coté infrastructure et énergie renouvelable, sans compter par ailleurs l’attractivité des fonds de dette pour des profils issus des financements structurés  de type LBO ».

M&A / PRIVATE EQUITY

Le baromètre indique que ces deux secteurs demeurent stables en termes de recrutement. Dans les fusions et acquisitions, Paris reste actif, notamment du fait que les entreprises françaises se sont révélées plus conquérantes que par le passé en se lançant dans des opérations d’acquisitions à l’étranger, surtout outre-Atlantique.

Le marché existe donc bel et bien, « avec des recrutements coté techno et digital, du junior talentueux aux professionnels aguerris », note Denis Marcadet. Il en va de même pour l’industrie du  capital investissement où le plein est loin d’être fait en techno, avec beaucoup plus demandes que d’offres. L’hiver (qui n’est pas fini) a pour l’instant été plus calme du côté du capital développement et des fonds de dette.

CORPORATE BANKING

Là aussi, la stabilité des recrutements prédomine. Cependant, les activités Cash Management et Trade Finance, logées pour certaines banques au sein de la BFI, restent un axe stratégique de croissance avec une activité en hausse malgré une très forte concurrence sur les coûts. « Beaucoup de banques renforcent leurs équipes trade finance et recherchent des profils internationaux bilingues ou trilingues », note Corinne Oremus.

Il faut reconnaître que les banques françaises sont plutôt bien positionnées sur le segment. Ainsi, à l’occasion de la réunion annuelle du Bankers Association for Finance and Trade (BAFT) en janvier, BNP Paribas a été sacrée Best Bank for Trade Finance in Emerging Markets tandis que la Société Générale a été trois fois récompensée dans la catégorie Best Trade Finance Bank en France, République Tchèque et Roumanie.

A noter également du mouvement du côté de l’affacturage qui reste porté par le développement d’opportunités à l’international avec des renforcements d’équipes. « Sont recherchés des profils experts en montages structurés comme ceux capables de faire de la déconsolidation avec titrisation de créances spécifiques », précise Corinne Oremus.

Enfin, les fonctions risques et compliance, restent très sollicitées avec des attentes d’experts notamment sur les sujets de Sécurité Financière et de Compliance Advisory concernant les crédits structurés.

ASSET MANAGEMENT

Le baromètre pointe un coup de frein général, coté gestion et équipes commerciales, contrepartie de marchés erratiques et du staffing 2015. « Les équipes se sont renforcées significativement en 2015 tout à la fois en front office et en fonctions support, ces dernières faisant dans certains cas l’objet d’un retard latent. Hors métier d’experts, la mobilité interne est partout privilégiée », note Denis Marcadet.

« Des opportunités existent toutefois, elles sont le fait de sociétés en déploiement, souvent au niveau européen, du lancement de nouveaux fonds et de  remplacements. Managers d’équipes et spécialistes sont alors recherchés », souligne Denis Marcadet. Pour preuve, OFI Asset Management, après avoir recruté l’an dernier Eric Turjeman (ex-Amundi) pour diriger la gestion actions et convertibles, a embauché au mois de janvier Eric Bertrand (ex-CPR AM) en tant que Directeur des gestions taux et diversifiées.

CONSEIL

Le baromètre mentionne ici un secteur en plein boom. Mais encore faut-il pouvoir attirer les bons candidats. « Les cabinets conseil sont toujours orientés vers la satisfaction des attentes client mais parfois sont beaucoup moins attentifs aux  candidats. Pourtant, sur un marché tendu comme actuellement, l’expérience candidat est aussi importante que l’expérience client », explique Corinne Oremus.

Le baromètre constate notamment une forte demande pour l’accompagnement dans «IT/CIO Advisory» coté infrastructures, applicatifs intelligents et systèmes, et de grosses problématiques sur les moyens de paiement dématérialisés. « On constate depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) une forte demande de la part des Big Four concernant les spécialistes des moyens de paiement capables par ailleurs de gérer les problématiques de données clients qui y sont liées », relève Corinne Oremus.

« En 2016, 50 millions de consommateurs dans le monde seront adeptes des solutions de paiement mobile », relèvent les auteurs du dernier rapport de Deloitte sur les 17 tendances qui feront l’année 2016 dans le secteur des Technologies, Médias et Télécommunications.  D’où l’intérêt pour les cabinets conseils de prendre les devants et procéder à des recrutements ciblés de spécialistes TMT.

Par Thierry Iochem

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