Recrutements et salaires frémissent (enfin !) en France dans la gestion d’actifs


LesEchosLes sociétés de gestion françaises ont repris la voie des recrutements, mais de façon très sélective. Certaines fonctions – gérant de dette privée, conformité – sont en plein boom.

Rejane Reibaud / Journaliste | Le 30/09

La crise financière et l’atonie du marché concernant les ventes d’OPCVM n’ont pas fait que des malheureux dans les sociétés de gestion françaises. Certes, le nombre de recrutements de gérants traditionnels sur les taux ou les actions a fléchi, mais, depuis un peu plus d’un an, d’autres métiers ont connu un sort plus réjouissant.

Nouveaux gérants dette privée et infrastructures

«  On remarque que des équipes nouvelles se créent, surtout dans les filiales de gestion des assureurs », note Baptiste Lambert, manager chez Robert Half, un cabinet de recrutement qui a mené une grande enquête au niveau français et international. Les investisseurs institutionnels, en particulier les assureurs, ont eu tendance à chercher d’autres sources de rendement que celles relatives aux actifs traditionnels en raison de la baisse des taux. Des équipes infrastructures ou de dettes privées se sont créées chez quelques grands assureurs et mutualistes. Le tout avec des salaires tout à fait honorables. Selon l’étude de Robert Half, les responsables d’équipe gagnent entre 110.000 et 130.000 euros en salaire fixe brut annuel. Et un analyste peut gagner, en fonction de son expérience, entre 60.000 et 90.000 euros par an, soit des niveaux qui se comparent très favorablement aux gérants crédit et taux traditionnels.

Conformité et risques en plein boom

Autre effet majeur de la crise, la montée en puissance des profils liés aux fonctions conformité et risques. La plupart des cabinets de recrutement constatent une hausse des missions et des salaires sur ces profils­. «  Ils ont enregistré sur les trois dernières années une croissance à deux chiffres », assure Baptiste Lambert. «  C’est un des rares métiers où les salaires ont augmenté dans l’asset management en France », confirme­ Corinne Orémus, directrice générale déléguée de Vendôme Associés. La filière se professionnalise depuis cinq ans, selon les experts, comme dans les banques d’investissement et la banque de détail.

«  Comme c’est un secteur nouveau, beaucoup de juniors ont été recrutés, mais aussi, phénomène nouveau, des seniors venus des services juridiques des banques et d’autres venant des activités de trading pour compte propre qui ont fermé », précise Baptiste Lambert. Les traders se sont orientés davantage vers les métiers en interaction entre la conformité et le front-office tel le conseil, évitant la partie la plus technique du métier comme la veille juridique. Mais ce mélange a provoqué une grande hétérogénéité des salaires, les traders venant avec leur rémunération d’origine, tandis que les jeunes recrues commencent à des niveaux plus faibles. Le salaire brut médian annuel se situerait dans une fourchette de 70.000 à 100.000 euros pour un responsable du contrôle interne ayant six à dix ans d’expérience, et plus de 100.000 euros au-delà de dix ans, selon Robert Half.

Retour des commerciaux

Le monde des commerciaux, qu’ils soient dévolus à la clientèle des investisseurs institutionnels, de la distribution (banques privées, fonds de fonds) ou des CGP (conseillers en gestion de patrimoine) a aussi repris du poil de la bête depuis quelques mois. «  Dans ce métier, les recrutements fonctionnent par à-coups, selon les stratégies des entreprises et l’état du marché », explique Baptiste Lambert. En ce moment cependant, les jeux de chaises musicales sont légion. On a ainsi vu des mouvements entre la Financière de l’Echiquier et M & G, ou encore chez OFI et La Compagnie Financière Edmond de Rothschild. «  Dans le cadre du développement international des boutiques de gestion, on voit aussi des recrutements de commerciaux internationaux, alors que le marché était calme depuis longtemps », ajoute Corinne Orémus. Reste à savoir si tous ces mouvements ne seront qu’un feu de paille…

Réjane Reibaud, Les Echos

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