« Un décideur ne doit pas avoir des certitudes, mais des convictions »


Extrait du Magazine DECIDEURS de Septembre 2010

 

“Les qualités d’un décideur”

 

Dans le cadre de notre dossier consacré aux 50 leaders en finance, Denis Marcadet et Silvain Dorget, du cabinet de recrutement Vendôme Associés, dressent un état des lieux du recrutement des dirigeants ou professionnels de haut niveau dans les domaines de la banque et de la finance.

AVIS D’EXPERTS

« Un décideur ne doit pas avoir des certitudes, mais des convictions »

Décideurs. Selon vous, qu’est-ce qui fait l’identité d’un patron ?

Denis Marcadet . Un patron, c’est avant tout un visionnaire, quelqu’un qui sent le marché. Quelques signes le caractérisent. Tous d’abord, il sait se projeter et appréhender les évolutions, ce qui est très difficile en période de crise. Ensuite, il dispose d’une capacité à encaisser, à résister à la pression. Enfin, il s’ait s’entourer, fédérer, penser par lui-même et créer l’émulation autour de lui. De manière générale, c’est un décideur qui ne doit pas avoir des certitudes, mais des convictions, sans quoi il s’enferme.

Décideurs . Qu’est-ce qui différencie un banquier d’affaires ou un patron de fonds de private equity de ce que vous venez de décrire ?

D.M. . Les trois partagent un ADN commun : la création de la valeur, la vision et une capacité à se projeter dans leur industrie. Le private equity est une forme d’extension de l’entreprenariat qui nécessite de s’approprier le sous-jacent. Un patron de fonds d’investissement en private equity est dans l’anticipation et la construction, à lui de mettre au service de la croissance de l’entreprise ses talents de financier. Cela passe par une attention particulière sur l’opérationnel et un questionnement pertinent, à travers des axes de rentabilité, sur le fonctionnement de l’entreprise. Dans l’univers des décideurs, le banquier d’affaires ressort avec une dimension commerciale et créative dominante. En plus de la technicité, il a une vue transversale des secteurs, une vision à la fois stratégique pour l’entreprise et marchande de celle-ci. Il est systématiquement un apporteur de solutions pour ses clients.

Décideurs . Qu’en est-il pour des asset managers ?

D.M. Pour un gérant de fonds en asset management, la prépondérance du réseau est moindre. En revanche, depuis quelques années, son profil est forcément technique. Il doit disposer de grandes capacités d’analyse. Cette évolution est allée de pair avec l’émergence des marchés financiers de plus en plus sophistiqués. L’arrivée des marchés dérivés à la fin des années 1980 en est l’explication la plus marquante.

Décideurs. Formation, école, profil, plan de carrière : quelles tendances ressortent sur le marché ?

D.M. Aujourd’hui nous évoluons dans un monde de voyeurisme où tout le monde sait comment l’autre fonctionne, puisque chacun s’est forgé son expérience au sein d’univers multiples (fonds, conseils, entreprises, etc.). Du point de vue académique, il n’y a plus de profil unique. La multidisciplinarité est de mise et c’est une bonne chose. Cela étant, en France, certains corps ou écoles restent surreprésentés dans certaines activités ou grandes organisations. La force des réseaux et la cooptation n’ont donc pas encore disparu et sonnent encore comme un écho à des réflexes très français.

Décideurs. L’année 2009 a été une « annus horribilis » pour le recrutement en finance. Quelle est votre vision du marché ?

D.M. En effet, le pire est désormais derrière nous. Le marché est bel et bien reparti, mais il faut se garder de tout excès d’optimisme.

Décideurs. Quels sont les profils les plus recherchés actuellement ?

Sylvain Dorget. Les banquiers d’affaires expérimentés, les profils commerciaux en asset management et gestion privée disposant d’un portefeuille client, et les professionnels à haute valeur ajoutée pour les hedge funds principalement.

Décideurs. Qu’est-ce que la « chasse » selon Vendôme Associés ?

D.M. Vendôme aime sortir des sentiers battus et n’est pas là pour faire de la conservation de race !

Afin de dénicher les meilleurs profils pour nos clients, nous sommes ainsi attachés à quelques valeurs cardinales, comme l’humain, le pragmatisme ou l’appartenance sectorielle. Nous évoluons dans des métiers où nos clients recherchent avant tout de la matière grise. Celle-ci s’exprimera seulement s’il y a adéquation parfaite entre le candidat et sa future équipe. Pour cela, nous attachons une grande importance à l’aspect humain et psychologique de nos candidats. Celui qui sait prendre du recul, analyser son parcours, nous intéresse car il saura se livrer et nous donner les clefs qui permettront d’optimiser son placement sur le marché. Aussi, face à la qualité des candidats que nous recevons, la différence se fait bien souvent sur l’intuitu personae.

 

 

Le dossier complet des “50 leaders en finance” est disponible dans la dernière édition du magazine DECIDEURS. 

Visitez leur site pour plus d’informations: www.magazine-decideurs.com